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Au procès du meurtre de Mireille Knoll, la scène de crime en images

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Au deuxième jour d’audience, la cour d’assises a projeté les photos de l’appartement de cette dame juive de 85 ans, tuée de onze coups de couteaux et partiellement brulée en mars 2018. Les deux hommes, accusés de meurtre à caractère antisémite, reconnaissent l’incendie mais continuent de nier les coups mortels.

Allan Knoll, l’un des deux fils de Mireille Knoll, dont le procès des meurtriers se tient actuellement à Paris. © AFP

« Il faut que tout le monde les voit », souffle le fils de Mireille Knoll sur le banc des parties civiles. Il baisse son masque et hurle : « Regardez ! » Allan Knoll s’adresse aux deux accusés, côte à côte dans le box. Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus ont les yeux rivés vers le sol. Sur les écrans de la salle d’audience, apparaissent les images de la chambre aux murs couverts de suie et au centre, le corps en partie carbonisé de Mireille Knoll, en travers d’un lit médicalisé. 

À la barre, l’ancien brigadier-chef de la police judiciaire parisienne, responsable de l’enquête juste après les faits, décrit la scène. Sans aucune note, il raconte d’une voix monocorde, le corps de la vielle dame allongée sur le dos, ses bras recroquevillés et ses pieds qui touchent presque le sol. « La victime avait des chaussettes blanches et des chaussures dorées », précise-t-il. Sur la partie haute du corps, les vêtements ont entièrement brulé. Les enquêteurs ne constatent que quatre plaies. L’autopsie en révèlera onze. « Je me souviens très bien du rapport, un moment difficile », raconte le policier. 

Le président demande de ne pas projeter les images suivantes, « trop difficiles ». L’avocat de la famille de Mireille Knoll, Gilles-William Goldnadel, se lève : « Il n’y aucune raison de ne pas les montrer ! » Le président prévient : « Je veux bien mais dans ce cas, pas de réactions ! » Le silence règne dans la salle d’audience quand défilent les photos du visage, des mains et des plaies de la vielle dame. Le fils et le petit-fils de la victime ne lâchent pas du regard le box des accusés. Derrière la vitre, Yacine Mihoub et Alex Carrimbacus, ne lèvent toujours pas la tête. 

« La puissance de l’incendie »

Dans la seconde chambre, du linge et des manteaux de fourrures sont déposés sur le lit. Le président interroge le policier sur l’état de la pièce. « Elle n’était pas rangée. Elle a pu potentiellement être fouillée », répond ce dernier. Si la cour s’intéresse à ce détail, c’est parce que l’un des accusés, Alex Carrimbacus, a reconnu avoir volé quelques objets dans l’appartement. Il assure d’ailleurs avoir été invité chez la vielle dame par Yacine Mihoub pour un « plan thune ».

Chaque pièce est analysée dans cet appartement à la décoration modeste et désuète. La moquette, les chaises… Beaucoup de choses étaient rouges chez Mireille Knoll avant l’incendie. « Une épaisse pellicule noire a enveloppé les murs et les meubles », souligne le policier. Le grand canapé d’angle du salon a pris feu, la chaise médicalisée aussi. Sous l’effet de la chaleur, une fenêtre est tombée sur la table ronde. « On peut voir la puissance de l’incendie », commente l’enquêteur. 

Un autre détail focalise l’attention de la cour. Sur les photos de la cuisine, les quatre boutons de la gazinière sont en position ouverte mais le robinet de gaz est resté fermé. Le président évoque les conséquences qu’auraient pu avoir une explosion dans cet appartement au deuxième étage. L’immeuble en compte onze et « il y a des familles ». Le feu aurait pu se propager dans tout le bâtiment. « Une catastrophe », assure l’enquêteur.  

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