« La couverture des paralympiques ne reflète pas l’investissement des athlètes », regrette Marie-Amélie Le Fur

Marie-Amélie Le Fur, athlète et présidente du Comité paralympique, va défendre son titre avant de mettre un terme à sa carrière. Elle est l’invitée d’Hélène Roussel à 7h50, à l’occasion du lancement des Jeux mardi.

L’athlète Marie-Amélie Le Fur, est présidente du Comité paralympique français © AFP / Guillaume Souvent

À J-1 des Jeux Paralympiques, l’athlète française aux huit médailles va défendre son titre sur le saut en longueur avant de mettre un terme à sa carrière. Présidente du comité paralympique et sportif français, Marie-Amélie le Fur participe à sa quatrième paralympiade après Pékin 2008 (quatre ans seulement après un accident de scooter et l’amputation de sa jambe gauche sous le genoux), Londres 2012 et Rio 2016. 

« Quelques temps avant Rio, j’avais envisagé de mettre un terme à ma carrière. Mais j’ai tellement pris de plaisir à me préparer, à vivre l’expérience des paralympiques. Et puis je pense qu’il y avait un petit goût d’inachevé, dans ma performance sportive mais aussi dans la transmission, le partage », témoigne la para-athlète.  

Marie-Amélie Le Fur sera alignée sur le saut en longueur simples et doubles amputés tibiales, samedi prochain, dans la nuit pour nous en France. Elle va donc concourir avec les double amputés, celles qui ont deux prothèses, deux lames. Ce n’est pas un désavantage selon elle : « On a toutes accès à la même technologie : l’avantage d’avoir une prothèse ne se pose pas. Ce qui différencie un athlète d’un autre c’est sa capacité à bien utiliser le matériel, comme peut le faire un perchiste aux Jeux olympiques. » 

Il n’y a pas de question de dopage technologique, tout le monde a accès au même matériel. C’est la qualité de l’athlète le jour-J qui départage les médaillés des non médaillés.

La para-athlète a décroché le record du monde, en février dernier : 6,14 mètres au Grand prix de Dubaï en février dernier. Mais Marie-Amélie Le Fur en est sûre, ce record va tomber dans ces Jeux. « Le niveau des athlètes para-sportifs a beaucoup augmenté, dans toutes les disciplines. On a vu une professionnalisation des athlètes et une densité qui a créé cette émulation très positives. Ça dépendra des conditions climatiques, mais ça va donner un très beau concours de longueur », raconte celle qui a décroché trois médailles d’or, trois en argent, deux en bronze sur le 100 mètres, le 200, le 400 et la longueur.

« L’exposition des jeux paralympiques a considérablement augmenté depuis mes débuts en 2008. C’était complètement confidentiel à Pékin, compliqué aussi à Londres, avant une prise de conscience plus importante », souligne Marie-Amélie Le Fur. « On n’est pas encore à une couverture qui reflète l’investissement des athlètes et leurs performances. Il faut continuer ce travail et permettre au public de découvrir qui sont ces athlètes et quelles sont leurs performances. Il faut vraiment que les médias s’engagent et parlent des modèles paralympiques. » 

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