La flambée de Covid en Malaisie engendre une mise à l’arrêt d’usines en France

Le difficile approvisionnement de pièces en provenance de l’étranger contrarie la rentrée automobile. Coup sur coup, Stellantis (ex-PSA) et Toyota viennent de mettre nombre de leurs salariés au chômage partiel.

Chez Stellantis, l’usine de Rennes-La Janais restera fermée toute la semaine prochaine. En cause le difficile approvisionnement de pièces en provenance de l’étranger © Wikipedia / Pymouss

Deux usines françaises concurrentes, à 5 heures de voiture l’une de l’autre, les yeux tournés vers un même pays : la Malaisie, à 10 000 kilomètres. Là-bas, l’épidémie flambe à nouveau. Et pas de chance, c’est là-bas justement que PSA comme Toyota se fournissent en composants électroniques. Sans eux, impossible de finaliser l’assemblage de la voiture en France. Résultat, chez Stellantis, l’usine de Rennes-La Janais restera fermée toute la semaine prochaine. À Valenciennes, le site du concurrent japonais va décaler la reprise de la production de 15 jours aussi, avec une répercussion pour environ 3 000 salariés. 

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« Coup de massue »

Chez les deux constructeurs, des mots qui se répondent : « Douche froide » d’un côté, « coup de massue » de l’autre. « Nos dirigeants nous avaient quand même un peu rassurés ces dernières semaines », s’étonne Laurent Valy de la CFDT Stellantis, alors que cette pénurie de pièces venant d’Asie affecte le quotidien des constructeurs depuis de longues semaines : « On avait espéré que l’été permette de refaire les stocks, mais là, on est à l’inverse des perspectives et voilà qu’on nous annonce une coupure d’une semaine complète. C’est pas rien ! »

Salaires réduits chez Toyota. Chez PSA, les syndicats demandent la compensation totale 

À 500 kilomètres de là, chez Toyota, son homologue de la CFDT, Thomas Mercier, pointe l’impact financier pour les salariés. Il rappelle qu' »arrêt de la production rime avec baisse de rémunération ». « On a des ouvriers qui sont partis en vacances l’esprit tranquille cet été, qui ont dépensé leur argent en famille pour décompresser d’une période difficile, et qui pendant 15 jours ne vont toucher que 84% de leur salaire ». Au moins, se console-t-il, les syndicats ont signé il y a quelques semaines un accord d’activité partielle de longue durée. Ce n’est pas le cas chez Stellantis qui doit en discuter la semaine prochaine avec la direction. Les partenaires sociaux demandent à ce que 100 % du salaire soient maintenus pour les ouvriers impactés : à Rennes-La Janais (environ 1 800 personnes) mais aussi en partie à Sochaux, notamment.

« Le salarié trinque, le contribuable paie »

« Cette situation doit nous interroger pour la suite » estiment les délégués syndicaux des deux côtés. « En achetant systématiquement dans les pays lowcost, les constructeurs comme PSA ont leur part de responsabilité » commente Laurent Valy. « L’État doit aussi intervenir parce qu’au bout du bout, c’est quand même le salarié qui trinque et le contribuable qui paie le chômage partiel ». Plus mesuré, son collègue de Toyota reconnaît que le constructeur japonais est plutôt bon élève avec 60 % de ses fournisseurs près d’ici. Mais, convient-il aussi, il y a sans doute encore des choses à améliorer. Le sujet sera sans doute abordé lundi, où syndicats et direction doivent se retrouver en comité social d’entreprise. 

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