« Paroles paroles » se projette dans des rêves d’avenir.

Aujourd’hui on pense au futur. A tous les métiers qu’on aurait voulu faire, à la personne qu’on aurait voulu être avant tous les virages, et la vie qui parfois nous mène ailleurs. « Paroles Paroles » épisode 24 objectif de carrière et rêve d’avenir c’est maintenant c’est parti.

Daniel Balavoine interprète « Le Chanteur »

Retour en 1978 avec les rêves et les aspirations de Daniel Balavoine. Il a 26 ans. A cette époque il a déjà sorti 2 albums mais chacun est passé inaperçu malgré le succès d’estime de Lady Marlène extrait des aventures de Simon & Gunther . A ce moment-là il est signé chez Barclay et le grand patron Eddy veut carrément rompre son contrat mais l’être bienveillant et persévérant qui rend l’album de la dernière chance possible c’est Léo Missir, directeur artistique du label. Il prend le jeune chanteur sous son aile et décide de le défendre en l’aidant, en le soutenant pour enregistrer ce nouveau projet. Balavoine se met alors au travail pendant plusieurs semaines. Un jour Missir passe au studio pour faire une sorte d’état des lieux des nouvelles chansons et il trouve qu’il manque un titre suffisamment fort qui pourrait marquer l’album. Balavoine se remet à l’ouvrage en écoutant en boucle une ancienne mélodie qu’il avait composée. Il la trouve inaboutie mais à ce moment-là un musicien, qui était présent en studio, joue une petite harmonie sur son clavier. Somme toute assez simple. Mais là, la lumière fut, ce sont ces quelques notes qui viendront créer une nouvelle introduction et qui donneront au titre toute sa force, toute son intensité. Après la mélodie Balavoine écrit le texte en une heure et l’appelle J’voudrais bien réussir ma vie en référence à Je m’voyais déjà d’Aznavour. Le jour où le disque doit être gravé, Balavoine appelle Missir et lui dit, finalement j’aimerais que ma chanson s’appelle Le Chanteur.

En quelques mois Balavoine devient une star et l’album est certifié disque d’or.  

Objectif de carrière, atteint.

« La complainte des filles de joie » revisitée par Josiane Balasko

La complainte des filles de joie. La chanson de Brassens sous la voix de Josiane Balasko. Elle qui disait dans l’archive qu’on écoutait juste avant que son premier rêve était d’être peintre, puis plus tard de construire des décors de théâtre, peut-être que les chemins auront été différents mais elle est scénariste, romancière, dialoguiste, costumière et bien-sûr, actrice. Sur sa cheminée ou dans son placard elle a 3 Césars. Le premier qui récompensait ses talents de scénariste pour Gazon Maudit en 96, puis un César d’honneur en 2000 et enfin cette année un César anniversaire pour toute la troupe du Splendid. Alors sans doute Tania Balachova aura eu le nez creux d’accepter Josiane Balasko gratuitement dans ses cours de théâtre. Là, on l’écoutait en 92 dans la compilation Chantons Brassens. Un projet qui aura réuni plusieurs artistes français. Parmi eux Cabrel, Philippe Léotard, Michel Fugain, Manu Dibango, Renaud, Pierre Richard, Maxime Leforestier, Alain Souchon. La chanson originelle, elle, paraît en 61 sur l’album le temps ne fait rien à l’affaire de Brassens. Dans son texte il se place du point de vue des prostituées, en évoquant les désagréments de cette activité (mépris du public, persécutions policières, fatigue et problèmes de pieds, saleté ou laideur des clients, solitude), et conclut que ces femmes méprisées ne sont pas différentes des autres et méritent la compassion et le respect. Bien des années plus tard en 1976, Georges Brassens recevra le soutien du collectif des prostituées de Paris, via une lettre le remerciant pour « ses chansons qui nous aident à vivre ».

MC Solar nous enjoint « Eksassaute » !

La bombe d’MC Solaar, Eksassaute. Claude MC dont on sait qu’il divise sur sa potentielle capacité à avoir fait fleurir les premières rythmiques du rap français. Là il faut remonter en 1988 avec Dee Nasty et les premiers textes de Solaar « Claude MC tel est mon nom, Solaar est mon tag il aura du renom ». A l’époque il suit des études de langues, anglais, espagnol, russe, et de philosophie, à la fac de Jussieu à Paris. Ce goût pour la lecture et sa quête perpétuelle de nouveaux mots sont vraiment fondateurs de sa méthode de travail. Il fait alors partie du collectif Posse 501. Chaque matin, il allait chercher la totalité des journaux et des magazines publiés quotidiennement pour les lire dans le but d’apprendre ce qui se passait dans le monde, enrichir son vocabulaire et alors il rappait sur des sujets d’actualité, avant de rejoindre les studios d’enregistrement. 1990, virage, Bouge de là et la vie d’MC Solaar ne sera plus jamais la même. Caroline l’année d’après lovée dans son premier album Qui sème le vent récolte le tempo et c’est carrément l’envol. Tout le monde veut MC Solaar à ses côtés. Les salles de concert, les émission de radio, les plateaux TV qui le mettent côte à côté avec IAM. Le disque est certifié platine. Plus tard, en 98, c’est l’Académie française qui lui décernera la Grande médaille de la chanson française pour l’ensemble de ses chants poétiques. En 2007 il sort Chapitre 7. Il a besoin d’air, besoin d’espace et pendant 10 ans, on ne l’entend plus. C’est l’album Géopoétique qui rompt dix années de silence. Une pause dont lui-même dit qu’elle a été trop longue. Qu’il était encore sur le modèle de l’artiste qui doit se nourrir d’expériences pour se régénérer. Mais, qu’avec l’accélération des choses, il ne conseille cette longue absence à personne.  

Mickey 3D entonne « Matador »

Matador Mickey 3D, un grand plongeon dans l’année 2005. C’est un disque qui est sorti sur le propre label du groupe. Moumkine. Une structure créée après le succès de tu vas mourir de rire quelques années plus tôt. Au départ de l’aventure on trouve Mickaël Furnon (Chant, guitare, sample et clavier). Lui, avait déjà commencé en 88 comme guitariste dans le groupe essentiellement anglophone 3DK et puis en 96 il se lance dans un projet solo, en français qu’il baptiste Mickey 3D. Un an plus tard il est rejoint par le batteur Aurélien Joanin et ça y est la formation est au complet. Le duo devient rapidement populaire dans sa région de Saint-Étienne. Et puis 2 événements sont déterminants : d’abord leur rencontre avec Louise Attaque, qui les fait passer en première partie de ses concerts et puis leur signature chez Virgin, qui ressort leur premier album en 2000 avec une distribution plus large et un premier single, La France a peur qui est plutôt bien perçu et bien vendu. Le St Sacre vient d’ailleurs. En 2002, quand Mickaël Furnon écrit j’ai demandé à la lune pour Indochine. C’est un titre qui tourne en boucle partout. Et les demandes de collaborations avec le groupe pleuvent, pleuvent, pleuvent…

« La complainte de la serveuse automate »  interprétée par Fabienne Thibeault

Ci-dessus, une complainte, celle de la Serveuse automate. Piochée tout droit dans la comédie musicale, voire opéra-rock Starmania de Michel Berger et Luc Plamondon. On est en 1978 et Fabienne Thibeault interprète alors Marie-Jeanne, aux côtés notamment de Daniel Balavoine aka Johnny Rockfort qu’on écoutait en tout début d’émission. Fabienne Thibeault n’a pas encore 20 ans quand elle commence sa carrière de chanteuse en 1972 au Québec. Mais c’est lors du festival de la Chant’Août 3 ans plus tard, dont elle parlait dans l’archive que le public découvre sa voix. C’est avec Stramania qu’elle fait ses débuts en Europe, début fulgurants avec les succès de Le monde est stone, Un garçon pas comme les autres, et La complainte de la serveuse automate. C’est le projet qui la propulse immédiatement au rang des artistes les plus populaires de la francophonie. Les paroles sont signées Plamondon, la musique Michel Berger. Le spectacle est créé en 79 au palais des Congrès à Paris avec  40 chanteurs, danseurs, musiciens et choristes dans une mise en scène à l’américaine qui déploie  3 écrans géants, 60 téléviseurs,  affichage électronique, un laser,  un plateau incliné, sur une mise en scène de Tom O’Horgan. Avec Marie-Jeanne & Johnny Rockfort, on retrouve les personnages de Sadia, Cristal, Zéro Janvier, Stella Spotlight, Ziggy et Roger-Roger. Starmania est devenu au fil des productions et des enregistrements, l’un des spectacles les plus joués et les airs, parmi les plus célèbres du répertoire francophone.

Florent Marchet nous offre  « La Chanson du DRH »

Bienvenue dans  la vie des salariés de la SINOC (entendez Société industrielle nautique d’objets culbutos), une société fictive fabriquant des objets destinés au monde de la plaisance, née dans l’imaginaire de Florent Marchet en 2008 sous le nom de Frère Animal. L’entreprise a toujours été l’un de ses thèmes favoris comme un environnement aliénant, mêlant amertume et faux-semblants. Le projet est un livre-disque qui raconte les aventures de Thibaut, antihéros d’une vingtaine d’années, dans une commune fictive de province dans laquelle il expérimente les dérives du monde du travail et la violence sociale. Cette satire cinglante, il l’a co-écrite avec Arnaud Cathrine. 8 ans plus tard, en 2016 le duo a réitéré avec Frère Animal Second Tour, quelques mois avant la future élection présidentielle. Expliquant alors que “leur moteur dans l’écriture, c’est d’être stimulés par des choses qui les inquiètent, que ce soit d’un point de vue intime ou d’un point de vue plus large. Qu’ils avaient eu à ce moment-là très envie d’écrire sur l’origine de leur inquiétude face au monde ».

Programmation musicale

  • Daniel Balavoine – le Chanteur
  • Gaël Faye – Histoire d’amour
  • Josiane Balasko – La Complainte des filles de joie
  • Bonnie Banane – Cha cha cha
  • MC Solar – Eksassaute
  • Pomme – Les Séquoias
  • Mickey 3D – Matador
  • Youssoupha – Astronaute
  • Fabienne Thibeault – La Complainte de la serveuse automate
  • Kcidy – Souterrains
  • Florent Marchet – La Chanson de DRH
  • Gaëtan Roussel – Est-ce que tu sais ?

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