Date

Partager

vers un nouveau moyen de mobilité urbaine ?

Articles connexes

Écolo, bon marché et ultrapratique, tels sont les maîtres mots pour décrire la trottinette électrique. Ce nouveau véhicule électrique individuel (NVIS) s’impose de plus en plus dans la société marocaine et envahit petit à petit les rues des plus grandes villes. Au Maroc, quelques personnes de tous âges ont troqué les moyens de mobilité urbaine « traditionnels » contre cet engin de 12 à 14 kg.

Alternative aux autres moyens de transport

Contrairement à la version classique, la trottinette électrique est équipée d’un moteur, d’une commande qui gère sa vitesse qui peut aller au-delà de 25 km/h et une batterie en lithium-ion. Ce qui, en plus de son côté ludique, permet à ses usagers de parcourir une bonne distance en dépendant de plusieurs facteurs, notamment la capacité de batterie, la vitesse et le poids de l’utilisateur. Son succès est justifié par ses divers avantages, dont le fait de pouvoir contourner sans encombre les bouchons fréquents.

Des navetteurs professionnels ont ainsi fait le choix d’en acquérir du fait qu’elle peut facilement être pliée et rangée dans le train. Contraints de se déplacer quotidiennement, ils prennent avec eux leurs trottinettes pour à la fois se détacher des autres moyens de transport et d’oublier l’épineux problème de stationnement.

Cet engin, selon le directeur de l’Agence nationale de la sécurité routière (NARSA), Benacer Boulaâjoul, « apporte une solution au problème du « dernier kilomètre » », expliquant qu’« il s’agit de la distance qu’il reste à parcourir après l’utilisation du mode de transport principal. Cette distance étant trop longue pour être parcourue à pied, mais trop courte pour prendre la voiture ».

Quid de la réglementation ?

A l’heure actuelle, la trottinette électrique ne fait l’objet d’aucun cadre juridique qui réglemente son usage et qui met au clair les droits et obligations des usagers pour assurer leur sécurité et celle d’autrui. Face à ce vide juridique, la NARSA les considère «au vu de la loi n° 52-05 portant Code de la route comme étant des véhicules qui n’appartiennent à aucune des catégories définies dans ce dernier ».

Le contrôleur général Driss Salek, chef du service de la sécurité routière et des accidents de la circulation au sein de la Direction Générale de la Sûreté Nationale (DGSN), les perçoit comme « des piétons qui peuvent faire face à des sanctions s’ils sont en infraction aux règles de circulation qui leur sont dédiés, s’ils ne traversent pas la chaussée en empruntant la traversée piétonne ou en cas du non-respect de la chose publique, par exemple ».

Ces engins « ont été impliqués dans 42 accidents corporels, dont 11 ont été enregistrés à Casablanca, pendant l’année précédente », a-t-il ajoutant, notant qu’« ils ont également provoqué un décès, 4 cas graves et 39 blessés légers ». D’où la nécessité de souscrire une assurance qui couvre l’obligation de réparer les dommages corporels ou matériels causés à un tiers en cas d’incidents pareils.

Néanmoins, un assureur de la place a fait savoir qu’« il ne peut pas y en avoir tant qu’il n’existe aucun cadre législatif qui fera évoluer le Code de la route». Un constat qui nous a été confirmé par Aziz Benslimane, co-fondateur et CEO de HoplaMob à Casablanca, qui a souligné que « nous avons fait le tour des assurances et pour le moment, il n’y a aucune offre de service destiné à ce type d’engin ».
« Plusieurs pays européens ont adopté des législations spécifiques pour imposer des restrictions draconiennes sur leur usage, notamment en ce qui concerne le seuil de vitesse à ne pas dépasser, le port des moyens de protection mais aussi les types de voies publiques à utiliser », a mis en évidence le directeur de la NARSA.

Entre écolo et polluant !

Contrairement à la voiture ou le scooter, la trottinette électrique est, pour certains, plus écologique. Elle permet de circuler sans rejets polluants, sans émission de CO2 et avec une nuisance sonore très faible.

Contacté par nos soins, Ahmed El Majdi, avocat pénaliste au barreau de Rabat, a indiqué que « bien que ce nouveau mode de transport soit séduisant par son respect de l’environnement, le coût environnemental lié à sa fabrication (aluminium) et aussi son usage par la consommation d’électricité peuvent être remis en cause ». Ceci dit, ce sont principalement les batteries qui posent problème, car elles sont gourmandes en métaux rares où l’énergie utilisée est fortement carbonée.

Quant à M. Aziz Benslimane de HoplaMob, il s’est attardé sur le phénomène des trottinettes électriques partagées qui « polluent davantage que les modes de transport ». Il a donné, à cet effet, l’exemple de la France indiquant que « les divers engins, disposés sur les trottoirs pour être ramassés et rechargés par des fourgonnettes diesel, fait que le bilan carbone est biaisé et pas assez bon qu’il devrait être ».

Pour veiller au respect du côté écologique, a-t-il poursuivi, « nous avons prévu de déployer des stations intelligentes sur un réseau de partenaires, à savoir des cafés, des restaurants ou des agences, qui vont permettre d’ancrer son véhicule et de le recharger en toute sécurité ».

In fine, M. Benacer Boulaâjoul (NARSA) a affirmé que « la possibilité de profiter au maximum des trottinettes électriques repose sur la législation à adopter et son application effective, ainsi que sur la mise en place des infrastructures nécessaires à leur déplacement ».
« La prise de conscience du niveau de risque encouru par les utilisateurs et le comportement à adopter sont aussi fondamentaux pour son acceptation sociale comme mode de déplacement alternatif ».

A ce propos, « la DGSN a déjà saisi les ministères de l’Intérieur, celui de l’Equipement et du Transport ainsi que la NARSA pour inscrire cette question dans l’ordre du jour des réunions liées au volet réglementaire du code de la route », a indiqué M. Driss Salek, chef du service de la sécurité routière et des accidents de la circulation au sein de la Direction Générale de la Sûreté National (DGSN).

« Les discussions concernant la mise en place d’un cadre réglementaire sont déjà entamées et feront bientôt l’objet d’une journée d’étude », a-t-il conclu.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Articles populaires