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Colette, la « bonne dame du Palais-Royal »

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Après la guerre, durant les dernières années de sa vie, Colette devient « la bonne dame du Palais-Royal », expression de Cocteau ou de Mauriac, on ne sait, en tout cas pointe maligne d’un zélateur acerbe.

Colette © Getty / Raphael GAILLARDE

Colette se retrouve canonisée de son vivant, élue à l’unanimité à l’académie Goncourt en mai 1945, présidente en 1949, divinité d’un culte ordonné par Maurice Goudeket, qui entreprend la publication de ses Œuvres complètes à partir de 1948. L’arthrite l’immobilise de plus en plus, mais les hommages se succèdent pour ses quatre-vingts ans en 1953.

L’apprivoisement avait commencé dès longtemps. L’image de Colette avait changé autour de la Première Guerre. L’auteur des Claudine, l’amoraliste, la danseuse au sein nu, la théâtreuse divorcée de Willy et la maîtresse de Missy, était devenue « Madame Colette ». Une nouvelle génération d’écrivains la traitait en maître, comme Francis Carco ou Georges Duhamel, tandis que ses grands contemporains s’inclinaient, tels Gide et Proust.

Et le meilleur Colette est celui de l’entre-deux-guerres

De Mitsou, qui émut Proust, en passant par Chéri, La Maison de Claudine, Le Blé en herbe, La Fin de Chéri, La Naissance du jour, Sido, et jusqu’à La Chatte sont unesuccession ininterrompue de chefs-d’œuvre.

Colette comprit la guerre mieux que quiconque, de l’arrière, avec quelques incursions sur le Front et séjours en Italie. Dans Mitsou, le jeune lieutenant bleu compare sa vie évidée à celle de la petite actrice :

« Savez-vous que la mienne n’est guère plus meublée ? Mitsou, nous autres garçons qui avons vingt-quatre ans, la guerre nous a pris à la porte du collège dont nous sortions. Elle a fait de nous des hommes, et je crois qu’il nous manquera toujours d’avoir été des jeunes gens. Il est perdu pour nous, ce temps précieux pendant lequel nous pouvons apprendre l’équilibre de la voix, du geste, l’habitude de la liberté, de la famille, approcher, sans épouvante comme sans cannibalisme, des femmes qui ne songent pas tout le temps à notre désir ou à notre argent… » (II, 683).

La suite à écouter…

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